CARNET DE ROUTE DU ROAD TREE’P 2008

LE PARCOURS / LES ETAPES

France / Espagne du 4 au 6 août 2008 :                                    

Pierrefitte / Tarifa (port /frontière)

Maroc du 7 au 13 août 2008 :

Tanger/Tétouan

Tétouan/Essaouira

Essaouira/Agadir

Agadir/Tarfaya

Tarrfaya/Boujdour

Boujdour/Gargarat (frontière)

Mauritanie du 14 au 16 août 2008 :

Frontière/Nouakchott

Nouakchott/Aleg

Aleg/Kebenni (frontière)

Mali du 17 au 19 août:

Nioro/Sambaga

Sambaga/Bamako

18 août :plantation des plants d’arbres

19 août :départ pour la France d’une partie du groupe

Bamako du 19 au 24 août : Travail avec l’orphelinat

24 août :départ de l’autre partie du groupe

 

FRANCE / ESPAGNE

Chaque véhicule était équipe d’un talkie walkie, d’une alimentation 220 volts et d’une glacière électrique.

La traversée de la France s’est relativement bien déroulée, en revanche, arrivés en Espagne nous nous sommes perdus à cause des déviations qu’il y avait sur la route suite à des travaux.

En conséquence, nous avons pris le bateau avec un jour de retard.

Nous avions prévus de prendre le bateau à Algésiras mais finalement nous l’avons pris à Tarifa (à 15 min de Algésiras), car le prix de la traversée était largement moins chère pour les personnes et surtout pour  les véhicules.

Juste avant d’arriver dans le sud de l’Espagne, nous avons reçu un appel téléphonique nous informant du coup d’état en Mauritanie. Nous nous sommes alors arrêtés et nous avons appelé le consulat du mali en France pour prendre plus de renseignements sur les possibilités de traverser le pays. Ils nous ont conseillé de mettre un terme à notre voyage. Après avoir consulté tous les membres du groupe, nous avons décidé de continuer malgré les risques.

LE MAROC 

Arrivés à Tanger nous avons effectué les formalités douanières pour les véhicules et nous avons pris la route pour Tétouan pour rejoindre un ami qui nous a réservé une auberge dans laquelle nous avions décidé de passer une nuit, avant d’attaquer la route Marocaine. Finalement, après avoir appris que Salif Keita allait se produire en concert tout près de Tétouan, nous y sommes restés deux jours de plus, pour le rencontrer afin de lui expliquer notre projet.

Suite à ces trois jours de repos, nous avons entamé la traversée du Maroc.

Sur le long de la cote Marocaine, les autoroutes sont en très bon état et il y a des contrôles stricts de la vitesse.

Nous avons perdu énormément de temps lors des contrôles (police, douane, gendarmerie) quasiment à l’entrée de chaque villes.

A la sortie de la ville de Boujdour une des voitures à crevé.  Etant donné qu’il n’y avait plus de garage d’ouvert, nous avons alors passé la nuit sur place pour changer les deux pneus le lendemain matin et reprendre la route.

Nous sommes arrivés à Gargarat (frontière Mauritanienne) le 13 aout et comme la frontière fermait à 18h, nous y avons passé la nuit.

Le lendemain matin nous avons effectué les formalités douanières pour les véhicules, mais nous avons rencontré un problème administratif avec la Renault Mégane.

Effectivement, il manquait la fiche d’entrée du véhicule au Maroc. En conséquence, nous ne pouvions pas sortir du pays avec ce véhicule.

La seule solution était de faire demi-tour jusqu’à Dakhla à environ 400 km, pour faire une déclaration de perte. Etant donné qu’il ne restait qu’à peine cinq jours avant le retour d’une partie du groupe en France, nous nous sommes séparés. Trois membres du groupe ont alors fait demi-tour pour aller récupérer la déclaration de perte de la fiche d’entrée du véhicule.

L’autre partie du groupe a continué avec les deux autres véhicules (Ford Mondéo et Citroën Jumper). Par la suite, nous avons pris les assurances des véhicules et les visas pour tous les membres du groupe.

NO MAN’S LAND ENTRE LE MAROC ET LA MAURITANIE

Entre le poste-frontière marocain et le poste-frontière mauritanien il y a un « no man’s land » de 5 km environ, hérité du conflit entre les deux pays au sujet du Sahara Occidental. C’est une des seules parties non bitumée du parcours. La piste est très praticable, mais nous avons quand même fait appel à un guide qui nous a fait traverser cette zone, car  les abords de la route peuvent être minés.

MAURITANIE

Entre la frontière et Nouakchott nous avons rencontré quelques problèmes avec les gendarmes qui effectuaient les contrôles sur la route. Toutefois à chaque fois que c’était nécessaire, nous présentions un ordre de mission signé par le consul du Mali en France.

Après avoir passé une nuit à Nouakchott, et une autre à Aleg, nous avons continué notre route en direction du Mali.

Juste avant d’arriver à Kiffa, nous avons reçu un appel téléphonique des membres de l’autre groupe,  qui venaient de faire un accident entre la frontière Mauritanienne et Nouakchott. En effet, suite à la crevaison simultanée des deux pneus qui avaient été remplacés au Maroc, le conducteur a perdu le contrôle du véhicule et après plusieurs tonneaux, elle s’est retrouvée sur le bas coté dans le sable.

Malgré la gravité de l’accident ils s’en sont sorti sans trop de blessures. Néanmoins le véhicule n’était plus en état de rouler, ils l’ont donc abandonné.

ARRIVEE AU MALI, LES DERNIERS KM…

Ensuite, après avoir passé la frontière mauritanienne à Kobénni nous sommes rentrés au Mali en pleine nuit. Nous avons donc attendu la levée du soleil avant d’effectuer les formalités administratives (assurances, frais d’entrée…)

Avant d’entrer à Nioro il fallait également attendre l’ouverture de la douane pour les véhicules.

A partir de ce moment la, le temps nous était compté, il ne nous restait plus que deux jours pour arriver au village de Sambaga, planter les arbres et repartir pour Bamako.

Sambaga n’étant qu’à une centaine de kilomètres de Nioro, tout était encore possible…

Après un ravitaillement en carburant et après avoir effectué une petite réparation sur l’amortisseur de la Ford Mondéo, nous avons entamé la dernière ligne droite.

Mais malheureusement, en nous renseignant sur l’itinéraire pour accéder à Sambaga, nous avons appris que la piste était impraticable entre le tronçon Nioro – Yélimané.

Nous avions la possibilité de passer par Kayes en effectuant un détour de plus de 300 km,  mais des portions de routes avaient carrément été emportées par les torrents, ce qui la rendait bien évidemment impraticable.

La seule solution était de prendre la route en passant par Diema et d’emprunter une piste très accidentée d’environ  75 km entre Dialaka et la route goudronnée qui mène à Sambaga. Ce fut les kilomètres les plus difficiles depuis le début de l’aventure.

En effet, malgré la beauté des paysages, nous avons rencontré de grosses difficultés à traverser ce parcours à cause du mauvais état de la piste. Pourtant après plus de huit heures de lutte contre les zones marécageuses, les parties de pistes inondées,  la boue et la glaise, nous avons atteint le village de Sambaga peu avant minuit (75 km en huit heures).

LA PLANTATION DES ARBRES A SAMBAGA

Lors de la préparation du projet, nous avions effectué des recherches pour savoir quel type d’arbre présentait  les propriétés nécessaires pour pouvoir résister aux différentes contraintes (climat, nature du sol, faible pluviométrie…).

En conséquence, après avoir consulté l’association des travailleurs de Sambaga en France et les villageois, nous avions décidé de planter des acacias séyal. D’une part pour ses propriétés et d’autre part parce que cet arbre sécrète de la gomme arabique et qu’après plusieurs années, les villageois pouvaient en tirer profit en la revendant.

Deux jours avant notre arrivée à Sambaga, nous avons mandaté le responsable des plantations pour qu’il aille acheter les 300 plants d’acacia séyal. Néanmoins, il se trouve que les fournisseurs étaient en rupture de stocks.

Il fallait alors s’adapter et remplacer l’acacia séyal par un autre type d’arbre. Le responsable des plantations a alors consulté les villageois, qui ont décidé d’acheter 300 plants de caïlcédrat.

Le Caïlcédrat (ou acajou du Sénégal) est un arbre dont le bois de couleur rouge sert à la fabrication de meubles au dans plusieurs pays d’Afrique. C’est un grand arbre qui peut atteindre 30 à 35m de hauteur. Le bois du caïlcédrat est un bon bois d’œuvre. Il a été le premier acajou exporté en Europe. Les usages du caïlcédrat en pharmacopée sont multiples. Il sert à soigner le paludisme, les maux de tête, la fièvre, la variole, la diarrhée, le lumbago, les rhumatismes, les plaies, la jaunisse, les, allergies, les règles. Son écorce est utilisée pour soigner la stérilité, la syphilis, la lèpre, les maladies mentales, les faiblesses sexuelles…

Le lendemain de notre arrivée nous avons été reçus par une délégation composée du chef de village et de ses conseillers, du responsable de l’association des travailleurs Maliens de Sambaga en France et des « anciens ».

Après avoir reçu leurs remerciements, nous avons rappelé l’objectif du projet et échangé sur les modalités de suivi (entretien, arrosage, désherbage autour des plants d’arbres…).

Avant tout, le responsable des plantations nous a décrit les différentes étapes :

Pour commencer, nous avons creusé des trous d’environs 60 cm au bord de la route qui traverse le village. Ensuite, nous avons entamé la plantation des arbres avec un groupe d’une dizaine de personnes.

Etant donné que la pluie commençait à arriver et qu’il ne nous restait que très peu de temps pour rejoindre Bamako nous avons du arrêter et nous préparer pour prendre la route.

Cependant la pluie était tellement abondante que nous n’avons pas pu partir.

Les villageois ont assuré la  plantation des autres arbres et la pose des grillages de protection.

 LE RETOUR A BAMAKO

Après plusieurs heures, l’état des routes était devenu catastrophique.

Le temps passait et il fallait absolument atteindre Bamako, mais d’après les villageois, il était impossible de traverser la zone entre la route goudronnée et Dialaka avec nos véhicules.

De nombreux obstacles s’étaient formés et la traversée n’était possible qu’en 4×4 ou en camion.

Nous avons alors décidé d’aller à Yélimané pour louer un camion qui nous permettrait de traverser cette zone et rejoindre Bamako.

Arrivés à Yélimané nous avons trouvé un camion, laissé nos véhicules sur place avec un des membres du groupe et nous avons pris la route. Il était vers 16h et nous espérions arriver à Bamako dans la nuit.

Mais à ce moment la, nous ne nous doutions pas de ce qui nous attendait…

Les petits cours d’eau que l’on avait traversé à l’aller,  étaient devenus de gros torrents d’une largeur comprise entre 10 et 30 mètres, les petites zones boueuses étaient devenues tellement instables que le camion les franchissait au pas.

Nous sommes arrivés à Dialaka vers 3h heures du matin.

Au final, nous avons mis plus de 10h de temps pour arriver à Dialaka (75 km) et Dialaka se trouvait à quasiment 500 km de Bamako.

A ce moment la, nous savions qu’il ne nous restait que 7h avant l’embarquement pour le vol en direction de Paris (vol prévu à 11h).

Le chauffeur du camion nous a alors proposé de prendre un autre véhicule car le siens ne pouvait pas faire les 500 km en moins de 7h.

Après avoir chargé les bagages dans l’autre véhicule, nous avons pris la route et avons atteint l’aéroport de Bamako à 10h40, soit quelques minutes avant la fin de l’embarquement.

Sur les cinq personnes qui devaient rentrer, seuls trois d’entre elles ont pris le vol.

En effet, nous ne pouvions pas partir sans avoir effectué les actions prévues avec l’orphelinat.

L’ORPHELINAT FALATOW JIGIYASO

Comme prévu, nous avons acheminé tout le matériel que nous avons récupéré en France, pour l’orphelinat Falatow Jigiyaso.

Liste du matériel apporté:
54 petits cahiers, 11 grands cahiers, 6 ardoises à craies, 4 ardoises Velléda, 14 règles (30 cm),

12 gommes, 20 chemises à rabat, 500 enveloppes, 352 stylos, 25 surligneurs, 17 boîtes de crayon couleur, 122 crayons papier, 11 biberons, 5 paquets de ruban adhésif 6 boîtes de trombones,

Jardin d’enfant

Ouverture d’un jardin d’enfant au cœur de l’orphelinat, pour proposer aux habitants du quartier une diversité d’animations pour leurs enfants. Ce jardin d’enfant fonctionnerait comme un centre de loisirs (payant).

Cyber Café

Ouverture d’un cyber café juste devant l’orphelinat.

Centre de formation en couture

Ouverture d’un centre de formation en couture, pour favoriser l’accès à l’emploi des jeunes filles du quartier, sans qualifications.

Perspectives pour les projets de la directrices de l’orphelinat

Réalisation d’études de marché

Réalisations de dossier de présentation des projets

Recherche de financements

 

CONCLUSION 

Cette première expérience nous a permis de prendre conscience des difficultés d’une telle aventure, en identifiant avec précision les paramètres à prendre en compte pour la suite du projet..

L’implication des villageois de Sambaga, nous laisse croire que les arbres que nous avons plantés seront entretenus et permettront aux familles de pouvoir les exploiter et en tirer un bénéfice financier, pour ainsi rompre petit à petit avec l’assistanat.

Quand à l’orphelinat Falatow Jigiyaso, il s’agira de poursuivre notre travail d’élaboration d’une étude de faisabilité, pour la mise en place d’une activité économique permettant à son administratrice de poursuivre son travail en toute autonomie.

La traversée en voiture, la rencontre de villageois au Maroc, en Mauritanie et au Mali nous a également permis d’envisager des perspectives de collaborations pour la plantation d’arbres, dans des zones touchées par la désertification ou le déboisement.

La grande satisfaction a été de prouver qu’il était possible d’aller au bout d’un projet de solidarité internationale, sans aide financière des autorités et surtout en collaboration directe avec des populations, qui sont forcément les mieux placés pour identifier leurs propres besoins.

Pour l’avenir de ce projet, il semble essentiel d’améliorer sa préparation en constituant le groupe assez longtemps à l’avance, en effectuant un travail de sensibilisation encore plus marqué avec les partenaires locaux, mais aussi en réfléchissant à un système de répartition des arbres (par familles), afin de garantir leur entretien à moindre cout.

Rappelons que même si nous avons commis quelques erreurs, la majorité des objectifs que nous nous étions fixés ont été atteints et que nous allons tout faire pour reconduire ce projet, en tenant compte de notre première expérience.

Certes, nous ne sommes pas experts en environnement, mais nous ferons tout pour continuer à vivre notre citoyenneté en plantant des arbres ou en développant les projets les plus fous, à travers l’Afrique…

Pour finir, nous pensons qu’il ne suffit pas de faire des projets et de les laisser murir pendant des mois et des mois, mais de vivre les projets en les démarrant et en les améliorant au fur et à mesure…

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